Grands Fers

On connaît Saint Eloi comme étant le protecteur des chevaux et le grand patron des maréchaux-ferrants et de tous les corps de métiers qui, jadis, avaient de près ou de loin un rapport avec les équidés. Mais on ne sait que trop peu d’où vient cette glorification.

 


Eloi, homme des VI° et VII° siècles (né vers 588 à Chaptelat et mort à Noyon le 1° décembre 660) était orfèvre et ses talents l’ont conduit jusqu’à la cour du Roi Lothaire puis du Roi Dagobert comme ministre et conseiller. Homme de cour et artiste, Eloi n'en demeurait pas moins un chrétien vertueux, aussi scrupuleux à suivre l'Evangile qu'à ménager l'or qu'on lui confiait. Afin de mieux aider les pauvres, il délaissait les vêtements somptueux et leur préférait des habits moins coûteux (sous lesquels, d'ailleurs, il portait cilice) et fit construire des monastères afin d’user miséricorde auprès de prisonniers de guerre tombés en esclavage. On prétend d’ailleurs qu’il accomplissait lui-même des miracles : boiteux guéri, paralytique remis sur pied, main desséchée rendue à la santé, vin multiplié pour les pauvres.
Eloi se rendait également souvent à Chalon-sur-Saône (à 80km de Fleurie) pour assister aux conciles et faire appliquer les décrets.

 


Un jour, voulant donner une leçon à un maréchal-ferrant trop prétentieux, il lui aurait montré de façon singulière comment ferrer un cheval : Eloi trancha la patte de l'animal, la ferra puis la remit en place sans que la bête en éprouvât du désagrément.
Certains auraient dit que cet épisode a eu lieu lors d’un de ses voyages pour Chalon-sur-Saône et que ce maréchal-ferrant trop prétentieux habitait alors, à cette époque, non loin du site de Floracium (aujourd’hui Fleurie). Ce serait celui-là même qui colporta cette aventure à tous ceux qu’il rencontra par la suite, faisant ainsi de Saint Eloi, le protecteur des animaux et le grand patron des maréchaux-ferrants. Pour montrer son respect et sa gratitude, le maréchal-ferrant aurait même fait forger deux énormes fers à cheval qu’il aurait gardé précieusement toute sa vie en souvenir de cette rencontre.
 
Personne n’a jamais écrit sur l’explication du nom "Grands Fers"; certains disent que l’histoire de St Eloi et du maréchal-ferrant y est pour quelque chose.
Une chose est sûre, le nom de Grands Fers y fait référence.

C’est en reprenant le domaine familial, que j’ai retrouvé dans les affaires de mon arrière grand-père, Antoine Vermorel, deux immenses fers à cheval.

En clin d’œil à cette légende, qui ne trouvera certainement pas de rationalité, les fers sont exposés dans la salle de l’auberge, lieu d’accueil du domaine.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                         

 

                                                                   à Christian Wantcher